Anoop Dogra - Je n'avais aucun facteur de risque

À quarante ans, mon médecin a ajouté le test d'APS dans le cadre de mon examen médical périodique. Je n'avais aucun antécédent familial du cancer de la prostate, aucun facteur de risque et, pour autant que je sache, les hommes de quarante ans n'étaient pas vraiment à risque. J'ai donc été surpris quand j'ai eu les résultats de mon test : mon taux d'APS était légèrement élevé.

Au cours de l'année suivante, mon médecin a surveillé mes taux d'APS. Ils s'élevaient graduellement et, éventuellement, après 3 ou 4 tests d'APS, nous avons décidé qu'une biopsie s'imposait.  Les résultats de ma biopsie ont confirmé les soupçons de mon médecin. À seulement 41 ans, j'avais le cancer de la prostate.

Je voyais les taux d'APS s'élever depuis un certain temps. Je savais aussi que cette hausse graduelle ne serait pas tout simplement attribuable à des résultats faussement positifs. Cette nouvelle a été un vrai choc, malgré mes efforts à me préparer mentalement. Un sentiment d'incrédulité m'a saisi. On n'entend jamais parler d'un homme de 40 ans atteint du cancer de la prostate. J'étais supposément trop jeune pour avoir le cancer de la prostate.

Mon épouse et moi avons pris quelques semaines pour discuter de cette mauvaise nouvelle avant de décider d'en parler à nos 4 enfants. J'ai tardé à leur annoncer ma situation, car je ne voulais pas les inquiéter. Ce fut un processus très graduel pour moi. Éventuellement, j'en ai parlé à mes collègues de travail avant ma chirurgie.  

Toutes les personnes à qui je me suis confié ont eu un choc. Elles ont eu la même réaction que moi. Elles ne pouvaient pas croire que je pouvais contracter le cancer de la prostate à seulement 41 ans. Ce qui m'a étonné, c'est d'apprendre que tout le monde semblait connaître quelqu'un qui avait été touché par la maladie; tout un chacun avait un père, un oncle ou un ami qui avait eu un diagnostic positif. Il m'est rapidement devenu évident que c'était une maladie courante. J'étais seulement un parmi un grand nombre d'hommes qui ne correspondaient pas au profil d'âge.

J'ai fait beaucoup de recherches dans mes choix de traitement et j'en ai parlé avec mon épouse et mon médecin. Ne rien faire n'était pas un choix; j'étais trop jeune. En fin de compte, j'ai choisi une prostatectomie radicale.  En rétrospective, je ne comprenais pas complètement les conséquences à long terme de la chirurgie. J'aurais dû en discuter avec plus d'hommes dans ma situation. Même si j'ai trouvé beaucoup de ressources, il y a une grande différence entre se documenter seul et en parler avec quelqu'un qui a vécu la même situation. C'est un peu pourquoi je veux partager mon vécu pour laisser savoir aux hommes qu'ils ne sont pas seuls et de les encourager à parler du cancer de la prostate.

J'ai eu ma chirurgie il y a déjà 3 ans et tout est encore nouveau pour moi. Je suis de plus en plus à l'aise avec l'idée que tout va bien – que le cancer a disparu. Maintenant, je passe un test d'APS tous les 6 mois. J'éprouve beaucoup d'anxiété à l'approche de chaque test, mais, cet automne, je vais me limiter à un test par année.  Pour moi, c'est un important jalon.  

Je crois fermement que les hommes devraient passer un test d'APS dès la quarantaine. Si je n'avais pas eu cette simple analyse sanguine, je n'aurais jamais su que j'avais contracté le cancer de la prostate. Je n'avais aucun symptôme. J'ai aussi appris que des taux élevés d'APS ne signifient pas nécessairement que la prochaine étape est une biopsie ou une chirurgie. Il suffit de surveiller les taux avec son médecin. On élimine ainsi le risque d'un résultat faussement positif. Ainsi, on peut prendre des décisions éclairées sur sa santé.

Le cancer de la prostate changera votre vie. Les hommes doivent aborder leur traitement en sachant que les choses seront différentes.  Toutefois, il faut avoir une attitude positive; cette maladie est beaucoup plus courante que les gens le croient. Quand on commence à en parler, on découvre que bon nombre d'individus ont ce cancer. On n'a pas à vivre cette situation en isolement. La vie continue et on s'adapte.

Anoop Dogra


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