Jeremy Godfery - mon père

Mon histoire au sujet du cancer de la prostate est celle de mon père, Albert. Papa est un homme comme il en existe bien d’autres : il est entêté, aimable et il aime profondément sa famille et ses enfants.

En 2007, mon père était à la fin de sa cinquantaine. Conformément aux recommandations du médecin, il passait régulièrement un examen de la prostate, jusqu’à ce qu’il omette un seul rendez-vous.

À peu près à cette époque-là, mes parents avaient hérité d’un nouveau chiot. Papa avait commencé à marcher avec lui trois, quatre fois par jour et il en prenait grand soin. Il a alors commencé à perdre du poids et nous avons tous attribué cette perte de poids à ses promenades quotidiennes avec le chien et n’avons pensé à rien d’autre. Quand j’y repense, j’aurais aimé qu’on comprenne pourquoi il maigrissait à vue d’œil.

Un an plus tard, mon père s’est éveillé un matin avec un problème à l’œil. Au début, on a pensé qu’il faisait un léger accident vasculaire cérébral parce qu’il n’arrivait plus à maîtriser l’œil gauche. N’eût été de cet incident, nous n’aurions jamais su que papa avait le cancer!

Mon père est donc allé consulter le médecin. Un virus était à l’origine de son problème oculaire, mais comme il se trouvait déjà chez son médecin, celui-ci lui a rappelé qu’il n’avait pas eu d’examen de la prostate.

Le médecin a prescrit quelques analyses sanguines. Nous avons alors appris la nouvelle. Papa était atteint d’un cancer de la prostate de stade 3. Son taux d’APS était très élevé. Nous avons tous été très bouleversés : on croit toujours que nos parents vont vivre éternellement! Mon père voulait s’assurer que nous allions bien. Il nous a rapidement dit : « Ne me traitez pas comme un malade! » Même maintenant, nous tenons toujours notre promesse.

Le médecin a commencé par l’hormonothérapie. Au début, ces traitements ont été efficaces. Les taux d’APS ont diminué et nous avons pensé que l’hormonothérapie maîtriserait le cancer. Le médecin a averti mon père que le traitement s’accompagnerait de sautes d’humeur, de chaleurs et d’autres effets secondaires. Mon père ne s’en est pas préoccupé et il est demeuré positif. Son oncologue et lui ont décidé que tous les ans, ils iraient prendre un café ensemble. Le médecin s’était rendu compte de la gravité du cancer de mon père et, heureusement, ils ont pu honorer leur rendez-vous.

Après l’hormonothérapie, les médecins ont fait leur suivi habituel par scintigraphie osseuse et IRM et ils ont découvert que le cancer s’était propagé à l’os pelvien. Cette nouvelle nous a brisé le cœur. Notre pire cauchemar!

Comme le cancer se propageait, les médecins ont proposé de tenter la chimiothérapie pour stopper la propagation. Papa, qui était alors au milieu de la soixantaine, a choisi d’aller à ses traitements de chimiothérapie le matin, puis d’aller travailler ensuite. Heureusement, grâce à la nouvelle chimiothérapie, il n’a jamais vomi et n’a pas perdu beaucoup de cheveux.

La chimiothérapie n’a cependant été efficace que quelques mois. Le cancer de papa s’aggravait, tout comme le pronostic : il en était maintenant au stade 4. Ses médecins, qui ne manquaient jamais d’options, ont décidé de voir si mon père pouvait être candidat à un essai clinique – un nouveau médicament chimique. Nous avons décidé de participer à l’essai clinique et d’en voir l’effet. Le premier médicament dont mon père a fait l’essai a abouti à une chirurgie d’urgence après quelques mois. Après quelques semaines aux soins intensifs et une expérience de mort imminente, mon père a finalement pris du mieux, assez pour obtenir son congé de l’hôpital. Après avoir retrouvé des forces, il a participé à un autre essai de médicaments et quelques mois plus tard, ce médicament a également cessé de faire effet. Les médecins avaient fait tout ce qu’ils pouvaient pour lui.

Même si ces essais n’ont pas pu aider mon père, nous avons été réconfortés par le fait qu’il a pu y participer. Si les données recueillies peuvent aider une autre personne, sa participation n’aura pas été vaine.

Après quatre ans et demi et tous les traitements possibles, il ne reste plus rien à faire. Papa a cessé tous les traitements. Maintenant, on ne prend que des mesures pour assurer son confort. Depuis son diagnostic initial, deux petits-enfants sont nés et il les aime profondément. Il tient encore à veiller à leur bien-être et à celui de tous les autres membres de notre famille. Il veut que nous sachions combien il nous aime et combien nous sommes tous importants à ses yeux.

Je t’aime, papa!



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