Jim Sullivan - Je suis content d'avoir suivi mon instinct

Tout a commencé parce que je ne me sentais pas bien. Après presque deux mois, j'ai décidé de consulter mon médecin. Il est difficile d'expliquer quelque chose qu'on ne peut pas tout à fait saisir – et encore moins diagnostiquer. Mon médecin a alors décidé ne me faire passer une série de tests pour voir ce qui n'allait pas.

Il ne voulait pas, toutefois, que je subisse le test de l'APS. À son avis, à seulement 45 ans, j'étais trop jeune pour m'inquiéter du cancer de la prostate. Je lui ai dit : « Ce n'est qu'une coche de plus sur la liste de tests. Ce n'est qu'une analyse sanguine de plus ». La conversation s'est vite envenimée, dégénérant même en engueulade. Il a éventuellement capitulé et décidé de me faire passer le test.

Quand je suis revenu pour connaître mes résultats, je considérais toutes les possibilités. Alors que mon médecin me donnait le résultat de chacun des tests, je n'avais que de bonnes nouvelles. Mais, éventuellement, je lui ai demandé : « C'est le test de l'APS, n'est-ce pas? » Il a simplement baissé la tête. Quand il m'a finalement regardé, il avait les larmes aux yeux. Il m'a dit qu'un urologue m'attendait dans son bureau de l'autre côté de la rue. J'essayais, tant bien que mal, de comprendre ce qui m'arrivait.

Je ne me suis jamais arrêté pour m'apitoyer sur mon sort – je n'avais pas le temps. Mes médecins et moi devions approfondir nos connaissances, car un taux élevé d'APS pouvait indiquer autre chose que le cancer de la prostate. Je ne voulais pas tirer des conclusions hâtives. J'ai subi une biopsie dès la première semaine.

Au début, je n'ai informé personne de mon problème médical. Je me suis rendu seul à mes rendez-vous, y compris pour ma biopsie. Quelle erreur! Sur le chemin du retour, la moindre irrégularité de la chaussée me causait beaucoup de douleur. Après ma biopsie, je devais prendre des antibiotiques, mais, en fin de journée, je ne me sentais pas bien. Deux jours plus tard, j'étais de nouveau à l'hôpital. J'avais une fièvre de 104,5 et une terrible infection. On a enfin pu faire baisser ma fièvre et réduire l'infection. Toute cette expérience a été pénible à vivre seul, dans l'isolement.

Les résultats de ma biopsie ont confirmé que j'avais le cancer de la prostate. Dès ce moment, j'avais beaucoup de questions à poser et je voulais des réponses. Même si mon médecin voulait me faire subir immédiatement une chirurgie, je voulais une deuxième opinion.

J'ai fait autant de recherches que possible. J'ai alors décidé de consulter un oncologue à l'hôpital Princess Margaret de Toronto. J'ai participé à ma première séance d'information où j'ai subi le choc de ma vie. Parmi tous les participants, j'étais le plus jeune, et ce, de plus de 25 ans. J'ai tout de suite pensé : « Je ne suis pas au bon endroit – c'est sûrement une erreur. » Mon oncologue m'a pourtant assuré que mes résultats étaient corrects et que, malheureusement, j'étais bel et bien au bon endroit.

Quand vint le moment de décider du choix de traitement, mon oncologue m'a beaucoup aidé. Je me souviens d'une conversation téléphonique avec elle qui avait duré près de 4 heures. Elle m'a dit que c'était ma décision et pas la sienne : « Peu importe ta décision, je veux que tu t'y engages complètement. Cela ne doit pas être une décision hâtive. » Quand j'ai décidé d'entreprendre une curiethérapie, elle a insisté pour que je me rende à l'hôpital pour m'inscrire – elle voulait me regarder droit dans les yeux pour voir ma conviction. Elle a alors constaté que j'étais absolument convaincu.

Avant ce traitement, j'ai commencé à voir un naturopathe et à faire des choix de mode de vie sain. Je voulais prendre toutes les mesures nécessaires pour vaincre ce cancer. Le traitement s'est bien passé et je n'avais rien d'autre à faire que d'attendre les résultats.
 
Aujourd'hui, je me sens bien. Après maintenant 11 ans, mon taux d'APS est de moins de 0,05. À la limite, mon expérience a été pour le bien commun. Un diagnostic du cancer de la prostate bouleverse tout. Un diagnostic de cancer ne signe plus son arrêt de mort, même si la vie change beaucoup. Les petites choses qui me narguaient ne m'ennuient plus. Je vois et je vis ma vie d'une toute autre façon. Depuis mon premier diagnostic, je considère que chaque instant de ma vie est un don.

Affronter la réaction des gens au cancer de la prostate est l'une des choses les plus difficiles à vivre. Il y a beaucoup de désinformation sur le cancer de la prostate et la maladie est stigmatisée, surtout dans le cas d'un jeune homme. Tout un chacun a une façon différente de réagir à la nouvelle, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Voilà une des raisons qui m'ont poussé à devenir défenseur de la cause. Je suis prêt à tout faire pour changer l'attitude des gens, même si ce n'est qu'une fois.

On me demande souvent non opinion de mon médecin, celui qui ne voulait pas me faire passer un test de l'APS. Mais je ne lui en veut pas; je le tiens toujours en haute estime. Je sais qu'il suivait le protocole établi et qu'il fondait ses recommandations sur des pratiques acceptées dans son domaine. Mais je suis content d'avoir suivi mon instinct.

Mon conseil aux hommes? Il faut en parler davantage et franchement. Nous devons nous mobiliser et d'être plutôt proactif que réactif. Il y a tant de choses que j'aurais dû connaître plus tôt : passer un test de l'APS pour établir des données de référence et s'entourer de gens compétents – généralistes et spécialistes. N'oubliez jamais que personne d'autre que vous, êtes responsables de votre santé et de votre vie.



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