L’histoire d’un survivant : Tramer contre le cancer de la prostate

Quand il repense au temps qu’il a passé à tenir un graphique de ses taux d’antigène prostatique spécifique (APS), Jon Picken dit en riant qu’il aurait souhaité que son bilan comptable suive la même tendance à la hausse.

Cependant, même si la surveillance de l’évolution de ses propres taux d’APS a fait que Jon a fini par recevoir la nouvelle indésirable d’un diagnostic de cancer de la prostate, elle l’a également aidé à découvrir la maladie à temps pour réagir.

Jon a commencé à noter sur un graphique ses résultats aux tests de l’APS à la fin des années 1990. Après de nombreux résultats stables au même niveau, ses taux d’APS ont non seulement commencé à augmenter, mais également à le faire à un rythme accéléré : 2,06 en 2007; 3,05 en février 2010; 3,69 en novembre 2010; et 3,96 en janvier 2011.

Même si ces taux demeuraient dans la plage des taux normaux d’APS pour un homme de 68 ans, l’approche proactive de Jon à l’égard de sa propre santé lui a été utile et lui a fourni une information importante qui l’a incité, en concertation avec son médecin, à consulter un urologue.

L’urologue, Dr Rajiv Singal de l’Hôpital général Toronto Est, n’avait jamais rencontré personne qui avait suivi son propre taux d’APS si étroitement et il a convenu avec Jon que la tendance régulière à la hausse justifiait de passer outre au fait que les taux demeuraient dans la gamme des taux normaux pour son âge, et il a ordonné une biopsie. Après la biopsie et l’analyse subséquente, DSingal a invité Jon et sa femme, Anne, à venir à son bureau pour discuter des résultats.

« J’ai failli tomber à la renverse lorsqu’il m’a dit que j’avais le cancer de la prostate », se souvient Jon en parlant de sa réaction initiale au diagnostic. Il n’avait eu aucun des symptômes physiques qu’on associe habituellement au début des préoccupations concernant la prostate à son âge. À son bureau, Dr Singal a pris le temps d’expliquer pleinement les options de traitement et les effets secondaires possibles. À la fin, Jon a décidé de ne prendre aucun autre risque et il a opté pour l’ablation complète de la prostate. « Je suis de nature plutôt dynamique et proactif. J’ai eu la chance d’avoir trois merveilleux enfants et six petits-enfants, alors enlevons-la ».

Après l’ablation de la prostate, les examens ont montré que Jon était en fait atteint d’un cancer très virulent. Avec le recul, Jon ne peut pas s’empêcher de se remémorer les événements qui ont mené à sa prostatectomie et de se demander ce qui serait arrivé s’il n’avait pas tenu son graphique des taux d’APS.

Des années après avoir inscrit son premier point sur son graphique, Jon résume ainsi son histoire, dans une voix manifestement empreinte de gratitude, et souligne que tous les hommes peuvent et doivent s’occuper de manière plus proactive de leur propre santé. « Beaucoup d’hommes se comportent comme si la maladie ne pouvait pas les frapper et hésitent à parler des questions de santé ou même à passer le test. » Il ajoute rapidement, toutefois, qu’il a noté des améliorations non négligeables à cet égard, grâce aux efforts inlassables de Cancer de la Prostate Canada. « CPC joue un rôle immense en sensibilisation au cancer de la prostate. »

Aujourd’hui, en plus de sa participation à diverses initiatives de collecte de fonds et de sensibilisation au cancer de la prostate, Jon continue de consacrer sa ressource la plus importante – le temps – à sa précieuse famille, se rapprochant avec bonheur de son 50e anniversaire de mariage avec Anne, qu’il taquine tendrement en lui disant : « Pauvre femme! ».
Posted: 2015-11-30 11:28:59