Traitement antiandrogénique 

Principaux points

  • Les androgènes sont des hormones responsables de caractères masculins comme la pilosité faciale, la fonction sexuelle et la masse musculaire. La testostérone est la principale hormone androgène.
  • Les cellules cancéreuses de la prostate ont besoin d’hormones pour croître.
  • L’un des traitements possibles du cancer de la prostate, le traitement antiandrogénique, a pour but d’inhiber la production ou de neutraliser les effets de la testostérone et d’autres hormones mâles.
  • Ce traitement est le plus souvent utilisé pour traiter :
    • un cancer qui s’est propagé à l’extérieur de la prostate,
    • la récurrence d’un cancer de la prostate après un autre traitement,
    • les risques élevés de récurrence du cancer après une chirurgie ou une radiothérapie.
  • Le traitement antiandrogénique est aussi appelé « hormonothérapie ». Bien que ces termes puissent être utilisés de façon interchangeable, Cancer de la Prostate Canada emploie « traitement antiandrogénique » (parce que cette expression désigne un traitement spécifique au cancer de la prostate).
  • Ce traitement touche l’ensemble du corps plutôt qu’un endroit précis.
 

Que sont les androgènes?

Les androgènes sont des hormones sexuelles mâles dont les deux plus communes sont la testostérone et la dihydrotestostérone. Les femmes sécrètent aussi les androgènes en petites quantités. Comme toutes les hormones, les androgènes exercent une action sur les cellules et les tissus. Elles sont surtout sécrétées par les testicules, mais une petite quantité est également produite par les glandes surrénales (situées au-dessus des reins). Les cellules cancéreuses de la prostate peuvent aussi produire de la testostérone.
 

Quel est le rapport entre les androgènes et le cancer de la prostate?

Les androgènes sont nécessaires pour assurer la croissance et le fonctionnement normal de la prostate, mais ils peuvent provoquer le cancer parce qu’ils se lient aux récepteurs des androgènes, une protéine produite par les cellules de la prostate, et les activent. Une fois ces récepteurs liés aux androgènes, ils peuvent modifier l’expression de certains gènes des cellules prostatiques et en stimuler la croissance. 
 
À un stade précoce du cancer de la prostate, les cellules cancéreuses « se nourrissent » d’androgènes desquels elles dépendent pour croître. Ce type de cancer est connu comme un cancer androgéno-dépendant. Le traitement antiandrogénique vise à priver les cellules cancéreuses d’androgènes, inhibant ainsi leur croissance.
 
Malheureusement, chez les hommes atteint d’un cancer de la prostate avancé, les cellules cancéreuses continueront à croître malgré la faible concentration d’androgènes dans le corps, un phénomène connu comme un « cancer de la prostate hormono-résistant ».
 

Comment le traitement antiandrogénique agit-il?

Il existe deux méthodes de traitement antiandrogénique :
 
  1. Ablation chirurgicale de l’un ou des deux testicules (orchidectomie) pour éviter la production de testostérone. Il s’agit d’un traitement radical puisque la concentration en testostérone peut baisser de 90 % à 95 %. Cette intervention est aussi connue comme une « castration chirurgicale ». On y recourt rarement étant donné son caractère définitif et irréversible.
 
  1. Médicaments. Les deux principales catégories de médicament sont les suivantes :
    • Analogues et antagonistes de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LH-RH) qui affectent tous les deux la production d’androgènes, mais au moyen de mécanismes quelque peu différents. Ils sont administrés par injection.
    • Le traitement au moyen d’un analogue de la LH-RH est parfois désigné comme une « castration médicale » ou une « castration chimique » parce qu’il peut réduire la concentration en androgènes dans le corps autant qu’une orchidectomie. Un premier traitement peut entraîner une élévation brusque de la concentration en testostérone. L’analogue stimule l’hypophyse qui sécrète une plus grande quantité d’hormone de libération de la lutéinostimuline avant d’en inhiber la sécrétion. Cette élévation peut provoquer une aggravation des symptômes cliniques, surtout à un stade avancé de cancer de la prostate. Pour compenser cette élévation de la concentration en testostérone, on peut administrer une autre hormonothérapie appelée traitement antiandrogénique en même temps que l’analogue de l’hormone de la LH-RH pendant les premières semaines du traitement.
    • Le traitement avec un antagoniste de la LH-RH (aussi connu comme une « castration médicale ») consiste à empêcher la LH-RH de se lier aux récepteurs dans l’hypophyse, ce qui inhibe la sécrétion de la LH-RH et entraîne une baisse de la concentration en androgènes. À la différence d’un analogue de la LH-RH, un antagoniste n’entraîne pas une élévation brusque de la concentration en testostérone.
    • Anti-androgènes qui bloquent les effets des hormones mâles sur les cellules cancéreuses et les cellules normales de la prostate. Ils sont administrés oralement.
    • Œstrogènes ou hormones féminines. Lorsque le cerveau enregistre un taux anormalement élevé d’hormones féminines (habituellement administrées par voie orale), il arrête les processus endogènes de production des hormones mâles (androgènes) et féminines (œstrogènes). (Les œstrogènes sont rarement utilisés de nos jours pour traiter le cancer de la prostate en raison des effets secondaires potentiellement graves comme un accident vasculaire cérébral, la formation de caillots sanguins, une hypertension artérielle et la rétention d’eau.)
 
D’autres nouveaux médicaments sont très prometteurs, entre autres l’abiratérone (qui inhibe l’enzyme responsable de la production d’androgènes, stoppant ainsi la production) et l’enzalutamide (un antiandrogène très puissant).
 

À quoi puis-je m’attendre?

Le traitement antiandrogénique est utilisé de diverses manières pour traiter le cancer de la prostate.
 
  • Traitement antiandrogénique en association : Des antiandrogènes sont combinés soit à un analogue de la LH-RH, soit à l’orchidectomie.
 
  • Traitement antiandrogénique intermittent : Le traitement antiandrogénique est interrompu lorsque le taux d’APS diminue et se stabilise, et il est repris lorsque le taux d’APS recommence à augmenter (parfois des mois, peut-être des années plus tard).
 
Un traitement antiandrogénique est utilisé dans différentes circonstances pour traiter un cancer de la prostate :
 
1.         « Traitement principal » : Le traitement antiandrogénique constitue le seul traitement de première ligne. À un stade précoce d’un cancer de la prostate, on pourra proposer à un patient qui présente un risque moyen ou élevé de récidive (réapparition du cancer) un traitement antiandrogénique adjuvant à la suite d’une radiothérapie ou d’une prostatectomie. En se basant sur une classification et une stadification combinées, votre médecin pourra vous indiquer si la tumeur a envahi les tissus avoisinants et si des cellules cancéreuses se trouvent près de ganglions lymphatiques. Les hommes qui reçoivent un traitement antiandrogénique adjuvant après avoir subi une radiothérapie externe pour un cancer de la prostate ont une chance de survie plus élevée, tant d’un point de vue général que de la possibilité d’une récidive, en comparaison des hommes ayant subi uniquement une radiothérapie (NCI, 2014).
 
2. Traitement antiandrogénique néoadjuvant : Ce traitement est administré avant un traitement local (soit l’ablation chirurgicale de la prostate, soit une radiothérapie). Il réduit la taille de la tumeur et rend le traitement principal potentiellement plus efficace. À un stade précoce d’un cancer de la prostate, on pourra proposer à un homme qui présente un risque moyen ou élevé de récidive un traitement antiandrogénique avant, pendant et après une radiothérapie. 
 
3. Traitement antiandrogénique adjuvant : Ce traitement est utilisé directement après une intervention chirurgicale ou une radiothérapie, par mesure de prudence, pour traiter les cellules cancéreuses qui pourraient persister quelque part dans le corps.
 
Quels sont les effets secondaires et les risques possibles?
Comme pour toutes les options thérapeutiques, un traitement antiandrogénique peut comporter des effets secondaires et des risques, dont voici la liste complète. Ne vous inquiétez pas : consultez votre médecin et les membres de votre équipe soignante pour savoir comment le traitement proposé pourrait vous affecter et comment vous pouvez gérer les effets secondaires possibles.
 
  • Les effets secondaires possibles sont les suivants :
    • Bouffées de chaleur
    • Baisse de libido et dysfonction érectile (impossibilité d’avoir une érection)
    • Perte d’énergie, faiblesse générale
    • Gonflement des seins ou hypersensibilité de cette zone
    • Sautes d’humeur
    • Perturbation émotionnelle, dont la dépression
    • Maux de tête
    • Démangeaisons, peau sèche, éruption cutanée
    • Problèmes gastrointestinaux : diarrhée, nausée, vomissements
    • Perte de masse musculaire
    • Gain de poids (attribuable principalement à l’accroissement du tissu adipeux)
    • Rétrécissement des testicules
    • Syndrome métabolique (risque accru de diabète, de maladie du cœur et de cholestérolémie)
 
  • L’usage à long terme (plus d’un an) peut entraîner les effets suivants :
    • Ostéoporose
    • Diminution de la numération globulaire ou « anémie »
 
 
La liste peut sembler rebutante à première vue, mais n’oubliez pas qu’il y a plusieurs mesures que vous et votre médecin pouvez prendre pour diminuer les effets secondaires d’un traitement antiandrogénique.
 
Les approches suivantes peuvent servir pour traiter les effets secondaires :
 
  • Obtenir un médicament d’ordonnance pour ralentir ou renverser la perte osseuse, et discuter avec votre médecin de l’éventualité de subir une densitométrie osseuse.
  • Faire de l’exercice peut contribuer à atténuer quelques-uns des effets secondaires du traitement comme la perte osseuse, la perte musculaire, la prise de poids, la fatigue et la résistance à l’insuline.
  • Traiter la baisse de libido peut s’avérer plus difficile. Nous vous invitons à regarder notre webinaire donné par Mme Anne Katz et intitulé What’s love got to do with it? Sexuality and the Man with Prostate Cancer.
 
Sachez que vous pouvez communiquer en tout temps avec le Service d’information sur le cancer de la prostate en composant le 1-855-722-4636 pour parler à quelqu’un à propos d’un traitement. On peut vous fournir des renseignements sur le continuum du cancer et l’aide connexe.
 
Pour obtenir de plus amples renseignements et de l’aide 

 




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