Bourses accordées à des cliniciens-chercheurs en 2010 

Dr Frédéric Pouliot, Université Laval

Imagerie moléculaire du cancer de la prostate récidivant après une prostatectomie radicale, à l’aide d’une technique d’amplification transcriptionnelle basée sur le promoteur DD3/PCA3
300 000 $

L’antigène prostatique spécifique (ASP) est une protéine secrétée par les cellules saines et cancéreuses de la prostate qu’il est possible de quantifier dans une analyse sanguine. Après l’ablation chirurgicale de la prostate en raison d’un cancer de cette glande (prostatectomie), les niveaux d’APS dans le sang devraient être indétectables. Une augmentation persistante du niveau d’APS après une prostatectomie est signe d’une récidive du cancer. Dans ce contexte, le plus difficile pour le clinicien qui doit décider du traitement est de déterminer si la récurrence des cellules cancéreuses est localisée dans le champ chirurgical (bassin) ou dans d’autres organes (ce qu’on appelle « métastase »). Le traitement n’est pas le même selon l’un ou l’autre des emplacements : une récurrence localisée se traite à l’aide de la radiothérapie, et les métastases à l’aide de l’hormonothérapie. Il n’existe pas actuellement de bonne technique d’imagerie pour évaluer où se trouvent les cellules cancéreuses de la prostate, ce qui explique le faible taux de réussite des traitements de cet état clinique. 

Nous proposons de mettre au point une nouvelle technique d’imagerie moléculaire qui détectera spécifiquement les cellules cancéreuses de la prostate dans le champ chirurgical après une prostatectomie dans des modèles murins. 

Pour détecter les cellules cancéreuses de la prostate, nous construirons un virus qui peut donner une image spécifique des cellules cancéreuses de la prostate qui expriment le gène DD3 (DD3-virus). Nous construirons également un virus légèrement différent pour traiter spécifiquement les cellules cancéreuses de la prostate et éviter la récurrence de la maladie après la prostatectomie. Les expériences proposées seront effectuées dans des modèles murins. 

Le DD3-virus détectera les cellules malignes mais pas les cellules bénignes de la prostate in vivo. Il empêchera également la récurrence locale et les métastases, et il accroîtra la survie générale après une tumorectomie dans la souris. 

Répercussions sur la prévention et le traitement du cancer de la prostate : L’imagerie double et le potentiel thérapeutique du DD3-virus pourraient mener à la mise au point d’une nouvelle imagerie moléculaire et de nouveaux outils de traitement pour détecter et traiter spécifiquement des cellules cancéreuses de la prostate en milieu clinique et par conséquent, de mieux personnaliser les traitements dans les cas de récurrence de l’APS après la prostatectomie.


Dr Urban Emmenegger, Sunnybrook Health Sciences Centre

Chimiothérapie métronomique dans le cancer de la prostate résistant à la castration : vaincre la résistance au traitement 

300 000 $

Les médicaments antiangiogéniques, nouveau groupe d’agents anticancéreux, empêchent la croissance des vaisseaux sanguins tumoraux, ce qui neutralise la cellule tumorale. De nombreux médicaments traditionnels de la chimiothérapie ont des effets antiangiogéniques semblables, en particulier lorsqu’ils sont administrés souvent, mais à des doses inférieures aux doses habituelles. Cette nouvelle forme d’utilisation de la chimiothérapie, appelée chimiothérapie métronomique, cause moins d’effets indésirables que la chimiothérapie et les médicaments antiangiogéniques traditionnels. Cette diminution des effets indésirables est un avantage de la chimiothérapie métronomique, en particulier chez les patients âgés atteints du cancer de la prostate et davantage susceptibles d’éprouver des effets indésirables à la suite des traitements. Malheureusement, la résistance au traitement limite les avantages de la chimiothérapie métronomique, comme dans le cas de la chimiothérapie traditionnelle. Des observations récentes indiquent cependant que les mécanismes de résistance à la chimiothérapie métronomique sont différents de ceux de la chimiothérapie traditionnelle. 

À l’aide de cellules cancéreuses de la prostate humaine, cultivées dans des souris traitées selon différents régimes de chimiothérapie métronomique, l’équipe de chercheurs du Dr Emmenegger veut isoler des variantes des cellules tumorales résistantes. Les chercheurs utiliseront ensuite ces cellules pour vérifier si la résistance à un médicament donné de chimiothérapie confère aussi de la résistance à d’autres agents de chimiothérapie lorsqu’ils sont utilisés sous forme métronomique. L’équipe comparera aussi les propriétés des tumeurs sensibles et résistantes à la chimiothérapie métronomique, afin de trouver des marqueurs de prédiction de la réaction à cette forme de thérapie. Les chercheurs étudieront les marqueurs candidats dans des échantillons sanguins et tumoraux provenant de patients atteints du cancer de la prostate.

La chimiothérapie métronomique est une nouvelle stratégie de traitement prometteuse chez les patients âgés atteints d’un cancer avancé de la prostate. Les résultats des expériences décrites devraient contribuer de trois grandes manières à améliorer les avantages liés à la chimiothérapie métronomique. Premièrement, ils aideront à déterminer si différents agents de chimiothérapie peuvent être utilisés avec succès les uns après les autres chez les patients atteints du cancer de la prostate. Deuxièmement, les marqueurs associés à la réaction à la chimiothérapie métronomique pourraient faciliter la sélection des patients les plus susceptibles de bien réagir à cette thérapie. Troisièmement, la comparaison des tumeurs sensibles au traitement ou qui y résistent peut s’avérer utile dans la conception de stratégies pour vaincre la résistance au traitement. 



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