Subventions de recherche accordées en 2003

Projets financés en décembre 2003 et réalisés en 2004-2005 

Modification des voies d’acheminement intracellulaires des protéines de réparation de l’ADN dans le cancer de la prostate


Dr Robert G. Bristow, M.D., Ph. D., Hôpital Princess Margaret-Réseau universitaire de santé

Toutes les cellules vivantes normales sont en mesure de réparer leurs gènes endommagés, le cas échéant. Il arrive souvent que les cellules cancéreuses perdent cette capacité; ainsi, les dommages génétiques s’accumulent, ce qui peut mener à la désorganisation de la multiplication cellulaire et à la progression du cancer. Le Dr Bristow étudiera une protéine particulière, appelée Rad51, qui intervient dans le processus de réparation génétique, de même que son rôle dans l’apparition du cancer de la prostate. Il tentera de comprendre ce qui empêche cette protéine de faire son travail ainsi que les conséquences possibles de ce phénomène sur l’administration des différents traitements. Plus précisément, il s’emploiera à découvrir si une anomalie de cette voie de réparation génétique aide les cellules cancéreuses à résister à la radiothérapie et aux médicaments anticancéreux habituels. Ces résultats pourraient permettre de mieux évaluer le risque couru par les hommes atteints d’un cancer de la prostate et d’élaborer des stratégies pour contourner cette anomalie et améliorer la pharmacothérapie et la radiothérapie. 

Inhibition de la télomérase dans les cellules du cancer de la prostate 

Mario Chevrette, Ph. D., Université McGill 

On pense que la télomérase est une enzyme qui rend les cellules du cancer de la prostate immortelles. Les travaux préliminaires de M. Chevrette montrent que cette enzyme n’est pas présente dans les cellules normales parce que son expression est inhibée par un autre gène « répresseur ». Le chercheur se propose d’identifier ce gène « répresseur » et de découvrir pourquoi il est absent dans les cellules du cancer de la prostate. En menant à des traitements qui rétabliraient la mortalité des cellules prostatiques cancéreuses, ces connaissances pourraient fournir une arme puissante pour lutter contre ces dernières. Ces traitements n’auraient que très peu d’effet sur les cellules non cancéreuses, car celles-ci expriment normalement le gène « répresseur ».

Nouveau système de biopsie sous échoguidage 3D 

Dr Joseph L. Chin, M.D., professeur, Université de Western Ontario

De nos jours, la biopsie à l’aiguille sous échoguidage 2D est la méthode normalisée utilisée pour diagnostiquer un cancer de la prostate. Cette méthode permet de déterminer efficacement la présence d’un cancer, mais non son emplacement précis à l’intérieur de la prostate. Le Dr Chin créera et mettra à l’essai un système de biopsie sous échoguidage 3D afin de localiser précisément le cancer à l’intérieur de la prostate. Cette localisation conférera aux médecins un plus grande précision lorsqu’une biopsie révèle certains états précancéreux qui nécessitent une seconde biopsie. Ces connaissances seront indispensables aux médecins qui prennent des décisions d’ordre thérapeutique et mèneront à l’amélioration des soins aux patients et des résultats des traitements. 

Mise au point et évaluation d’une technique améliorée de dépistage du cancer de la prostate faisant appel à la spectroscopie par résonance magnétique sous champ magnétique de haute intensité 

Dr Donal B. Downey, radiologiste, M.D., B.Ch., BAO, M.Sc., FRCPC, Robarts Research Institute, Université de Western Ontario

De nos jours, la biopsie à l’aiguille sous échoguidage 2D est la méthode normalisée utilisée pour diagnostiquer un cancer de la prostate. Bien qu’elle soit assez efficace, dans bien des cas elle ne permet pas de détecter un cancer pourtant présent, ce qui oblige les patients à subir des biopsies supplémentaires. Le Dr Downey utilisera une technologie d’imagerie par résonance magnétique (IRM), appelée spectroscopie par résonance magnétique (SRM), conjointement avec un système échographique 3D pour trouver dans la prostate les régions les plus susceptibles d’être cancéreuses. La combinaison de ces deux techniques améliorerait à la fois le guidage de l’aiguille et le taux de dépistage à la biopsie. Ces travaux permettront en bout de ligne de réduire le nombre de biopsies inutiles et de diagnostiquer le cancer de la prostate à un stade précoce, c’est-à-dire lorsqu’il est plus probable d’en guérir. 

Étude de faisabilité au sujet des protéines osseuses, réalisée par immunohistochimie sur des échantillons archivés de cancer de la prostate 

Helga Duivenvoorden, Ph. D., Northwestern Ontario Regional Cancer Centre

Le cancer de la prostate avancé est connu pour sa tendance à se propager aux os, ce qui est source de douleurs considérable et d’invalidité. Mme Duivenvoorden étudiera deux protéines (RANKL et OPG) qui interviennent dans la régulation de la croissance des os. Elle tentera de déterminer comment elles influencent la capacité du cancer de la prostate de se propager aux os et de les détruire. La compréhension de ce mécanisme pourrait mener à l’élaboration de stratégies ciblées qui pourrait freiner la progression du cancer de la prostate. 

Ciblage des gènes de point de contrôle au moyen de l’interférence ARN pour l’accroissement de la chimiosensibilité des cellules sans p53 du cancer de la prostate 

Dr Gerardo Ferbeyre, M.D., Ph. D., Université de Montréal

L’une des principales difficultés associées à la mise au point de traitements contre le cancer de la prostate réside dans notre incapacité à cibler de façon sélective les cellules cancéreuses, tout en laissant intactes les cellules normales. Le Dr Ferbeyre emploiera une nouvelle technique appelée interférence ARN; il entend tirer profit de mutations géniques connues, présentes dans les cancers de la prostate, pour accroître la sensibilité des cellules cancéreuses à des agents chimiothérapeutiques connus sans endommager les cellules normales. Ce nouveau projet repose sur des travaux préliminaires du Dr Ferbeyre qui ont révélé la faisabilité de cette méthode. Ce projet finira par mener à des traitements qui détruiront les cellules cancéreuses sans causer d’effets indésirables débilitants chez le patient.

Évaluation longitudinale non invasive de l’effet des antioxydants sur la progression du cancer de la prostate dans un modèle animal transgénique* 

F. Stuart Foster, Ph. D., Dép. de biophysique médicale, Université de Toronto, Sunnybrook Health Sciences Centre

Les antioxydants comme la vitamine E, le sélénium et le lycopène sont des composés d’origine naturelle. Des études récentes montrent qu’ils joueraient un rôle de premier plan dans la prévention du cancer de la prostate. M. Foster étudiera leur effets sur le cancer dans des modèles de souris; il utilisera, pour ce faire, une technique non invasive d’échographie 3D. Le suivi des tumeurs dans des animaux vivants pourrait nous permettre de mieux comprendre comment les antioxydants agissent sur le cancer de la prostate au fil du temps. Cette recherche pourrait permettre de mieux comprendre quels antioxydants sont les plus efficaces et le meilleur moment pour les administrer. En outre, si elle s’avère efficace, la technologie pourrait également servir à suivre les effets d’autres traitements sur le cancer de la prostate, ce qui accroîtrait les chances de découvrir un remède. 

* Cofinancement de l’Initiative canadienne de recherche sur le cancer de la prostate 

TEPC, un nouveau modèle pour le cancer de la prostate humaine 

Rama Khokha, Ph. D., Ontario Cancer Institute 

Les progrès médicaux dans la lutte contre le cancer sont souvent tributaires de l’utilisation d’un modèle animal qui laisse aux chercheurs toute la latitude voulue pour étudier certains processus moléculaires associés à la formation des cellules cancéreuses. Mme Khokha a mis au point un modèle de souris qui semble imiter mieux que d’autres le cancer de la prostate humaine. Il faut davantage caractériser ce modèle. L’étude pourrait permettre d’élucider certains des mécanismes par lesquels le cancer de la prostate se propage aux ganglions lymphatiques et aux os. Ces connaissances pourraient mener à de nouveaux traitements qui enrayeront la propagation de la maladie. 

Augmentation immunothérapeutique de l’activité oncolytique du réovirus dans un modèle murin orthotopique du cancer de la prostate * 

Dr Don G. Morris, M.D., Ph. D., Tom Baker Cancer Centre, Université de Calgary 

Au cours de travaux récents sur le traitement du cancer de la prostate, on s’est attaqué aux cellules cancéreuses au moyen de virus. Le succès de ces approches est souvent mitigé parce que le système immunitaire élimine les virus avant qu’ils n’accomplissent leur tâche. Des études préliminaires ont montré que le réovirus naturel, un virus commun dans l’environnement, agit de façon sélective contre les cellules cancéreuses, mais qu’il a peu d’effets sur les cellules normales. Le Dr Morris tentera d’utiliser le réovirus non seulement pour attaquer des cellules cancéreuses, mais aussi pour inciter le système immunitaire à les attaquer lui aussi. Cette approche sur deux fronts pourrait aussi avoir l’effet d’un vaccin antitumoral en prévenant une éventuelle récurrence du cancer de la prostate. Le Dr Morris réalisera ses expériences sur un modèle de souris (modèle murin) du cancer de la prostate. 

* Cobailleur de fonds : Initiative canadienne de recherche sur le cancer de la prostate 

Facteur de croissance semblable à l’insuline de type 1 et néoplasie intraépithéliale prostatique de haut grade 


Dr Robert K. Nam, M.D., FRCSC, Sunnybrook & Women's College Health Sciences Centre, Université de Toronto 

On croit qu’une lésion connue, appelée néoplasie intraépithéliale de haut grade (HGPIN), serait un précurseur du cancer de la prostate. Le Dr Nam étudiera une protéine présente dans le sang, connue sous le nom de facteur de croissance semblable à l’insuline de type 1 (IGF 1), et examinera si son taux augmente chez les hommes qui présentent une HGPIN. Nous pourrons ainsi vérifier si l’IGF-1 est associée à l’une des étapes de la transformation d’un tissu normal en un tissu malin. Cette connaissance pourrait contribuer à la mise au point de nouvelles stratégies de dépistage et de prévention dans la lutte contre le cancer de la prostate. 

Les effets de la privation androgénique et de la radiothérapie sur la réponse immunitaire au cancer 

Brad H. Nelson, B.Sc., Ph. D., chercheur principal, directeur du Deeley Research Centre, British Columbia Cancer Agency, Vancouver

La combinaison de l’hormonothérapie et de la radiothérapie a considérablement amélioré le traitement du cancer de la prostate; cependant, on ne comprend pas bien pourquoi ce traitement combiné est efficace. On pense, pour expliquer le phénomène, que les combinaisons thérapeutiques activeraient le système immunitaire contre la tumeur. M. Nelson étudiera le rôle du système immunitaire et l’utilisation conjointe de l’hormonothérapie et de la radiothérapie dans un modèle murin (souris) du cancer de la prostate, puis, plus tard, chez des patients. Si le rôle du système immunitaire dans ce contexte est confirmé, il serait possible, à l’avenir, d’améliorer encore les résultats de la combinaison hormonothérapie radiothérapie en administrant des vaccins ou d’autres médicaments qui intensifieraient encore plus l’activité antitumorale du système immunitaire. 

Les modifications post-translationnelles du récepteur androgénique et leur rôle dans la progression vers un cancer de la prostate androgéno-indépendant * 

Paul S. Rennie, Ph. D., Université de la Colombie-Britannique, Hôpital général de Vancouver 

La tumeur prostatique est connue pour sa sensibilité aux androgènes. En clair, cela signifie que les androgènes, notamment la testostérone, facilitent la croissance tumorale; par conséquent, la suppression de ces hormones peut entraîner la régression du cancer. Au fil du temps, cependant, le cancer de la prostate devient androgéno indépendant, c’est-à-dire que son développement n’est alors plus tributaire ni de la présence ni de l’absence des androgènes. On ignore comment ce phénomène survient. Selon M. Rennie, des modifications subtiles du récepteur androgénique pourraient être à l’origine de ce processus. Il étudiera donc ces modifications au moyen de techniques perfectionnées de purification des protéines et de spectrométrie de masse. L’élucidation de ce processus pourrait mener à des traitements qui le préviendraient ou le retarderaient et, de ce fait, prolongeraient la vie des patients atteints d’un cancer de la prostate. 

* Cofinancement de l’Initiative canadienne de recherche sur le cancer de la prostate 

Imagerie par spectroscopie de résonance magnétique et amélioration du plan de traitement du cancer de la prostate 


Lawrence N. Ryner, Ph. D., Université du Manitoba

Les méthodes couramment utilisées pour diagnostiquer le cancer de la prostate permettent de déterminer si le cancer est présent, mais non de le localiser avec précision dans la prostate. M. Ryner améliorera la technologie d’imagerie par spectroscopie de résonance magnétique (MRSI) existante pour cartographier l’emplacement du cancer à l’intérieur de la prostate. Il combinera ensuite cette technologie avec la radiothérapie afin d’administrer de plus fortes doses de radiations dans les régions cancéreuses de la glande. Si elle s’avère fructueuse, cette stratégie rehaussera l’efficacité du traitement sans causer de dommages collatéraux aux structures voisines. 

Rôle des récepteurs ErbB dans l’activation constitutive de NF-kB dans le cancer de la prostate 

Dr Fred Saad, M.D., F.R.C.S., professeur associé en chirurgie/urologie, Université de Montréal 

C’est un fait reconnu que bien des hommes meurent avec un cancer de la prostate, mais non de ses suites. En effet, selon le cas, soit le cancer progresse lentement, soit il est agressif. Actuellement, il n’existe aucun moyen de distinguer ces deux types de cancer. Le Dr Saad étudiera deux protéines, appelées ErbB et NF kB, qui interviendraient dans la progression du cancer de la prostate, afin de déterminer si leur interaction pourrait aider à prédire les cancers susceptibles de progresser. Ces connaissances pourraient mener à une meilleure compréhension des cancers qui nécessitent un traitement radical. 

Érosion des télomères, un biomarqueur précoce du cancer de la prostate 

Jeremy A. Squire, B.Sc., M.Sc., Ph. D., Réseau universitaire de santé 

On peut considérer les télomères comme des bouchons fixés aux extrémités des chromosomes dont ils stabilisent la dégradation, et peut-être donnent aux cellules une durée de vie définie. M. Squire étudiera le rôle des télomères dans l’évolution du cancer de la prostate. On croit que des modifications des télomères constitueraient l’une des premières étapes de la progression d’une cellule vers un stade cancéreux. L’étude et la caractérisation de ces modifications pourraient nous permettre de déterminer quels patients sont prédisposés au cancer de la prostate et, par conséquent, de les suivre de près et de les traiter. Les stratégies futures de prévention du cancer pourraient dépendre de notre capacité de supprimer certaines de ces premières modifications. 

Suivi non invasif de la progression des tumeurs dans le modèle de tumeur Shionogi du cancer de la prostate 

Donald T. Yapp, Ph. D., BC Cancer Agency

Des études récentes montrent que les taux d’oxygène observés dans un cancer de la prostate pourraient être révélateurs de son agressivité. De plus, on croit que la présence de faibles taux d’oxygène dans les tumeurs les rendrait résistantes aux traitements habituels, comme la radiothérapie et la chimiothérapie. M. Yapp propose un nouvelle méthode non invasive pour mesurer les taux d’oxygène dans un modèle de souris du cancer de la prostate au fil du temps. Cette méthode fait appel à un composé injectable appelé EF5, utilisé conjointement avec une technologie d’imagerie comme la tomographie par émission de positons (TEP) ou la spectroscopie par résonance magnétique (SRM). Si cette méthode s’avère fructueuse, elle pourrait permettre de mieux comprendre et de détecter à quel moment le cancer de la prostate de la prostate devient agressif, ce qui pourrait mener à l’élaboration d’une approche thérapeutique rationnelle. 




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Les ongles d’orteil des hommes contiennent-ils des indices sur la prévention du cancer de la prostate?

Toronto, 29 janvier 2018 – Financés par Cancer de la Prostate Canada (CPC), Dr Anil Adisesh de l’Université Dalhousie et Trevor Dummer, Ph.
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